Dès que le vent soufflera
C'est pas l'homme qui prend la mer
C'est la mer qui prend l'homme
Moi la mer elle m'a pris j m'souviens un mardi
J'ai troqué mes Santiag
Et mon cuir un peu zone
Contre une paire de Dockside
Et un vieux ciré jaune
J'ai déserté les crasses
Qui m'disaient soit prudent
La mer c'est dégueulasse
Les poissons baisent dedans
Dès que le vent soufflera je repartiras
Dès que les vents tourneront nous nous en allerons
C'est pas l'homme qui prend la mer
C'est la mer qui prend l'homme
Moi la mer elle m'a pris
Au dépourvu tant pis
J'ai eu si mal au coeur
Sur la mer en furie
Qu'j'ai vomi mon quatre - heure
Et mon minuit aussi
J'me suis cogné partout
J'ai dormi dans des draps mouillés
Ca m'a coûté des sous
C'est d'la plaisance c'est le pied
Dès que le vent soufflera je repartiras
Dès que les vents tourneront nous nous en allerons
C'est pas l'homme qui prend la mer
C'est la mer qui prend l'homme
Mais elle prend pas la femme
Qui préfère la campagne
La mienne m'attend au port
Au bout de la jetée
L'horizon est bien mort
Dans ces yeux délavés
Assise sur une bitte
D'amarrage elle pleure
Son homme qui la quitte
La mer c'est son malheur
Dès que le vent soufflera je repartiras
Dès que les vents tourneront nous nous en allerons
C'est pas l'homme qui prend la mer
C'est la mer qui prend l'homme
Moi la mer elle m'a pris
Comme on prend un taxi
Je f'rais le tour du monde
Pour voir à chaque étape
Si tous les gars du monde
Veulent bien m'lacher la grappe
J'irais z'aux quatre vents
Foutre un peu le boxon
Jamais les océans
N'oublieront mon prénom
Dès que le vent soufflera je repartiras
Dès que les vents tourneront nous nous en allerons
C'est pas l'homme qui prend la mer
C'est la mer qui prend l'homme
Moi la mer elle m'a pris
Et mon bateau aussi
Il est fier mon navire
Il est beau mon bateau
C'est un fameux trois-mâts
Fin comme un oiseau hisse-ho
Et Tabarly Pajot
Kersauzon et Riguidel
Naviguent pas sur des cageots
Ni sur des poubelles
Dès que le vent soufflera je repartiras
Dès que les vents tourneront nous nous en allerons
C'est pas l'homme qui prend la mer
C'est la mer qui prend l'homme
Moi la mer elle m'a pris
Je m'souviens un vendredi
Ne pleure plus ma mère
Ton fils est matelot
Ne pleure plus mon père
Je vis au fil de l'eau
Regardez votre enfant
Il est parti marin
Je sais c'est pas marrant
Mais c'était mon destin
Dès que le vent soufflera je repartiras
Dès que les vents tourneront nous nous en allerons
Dès que le vent soufflera je repartiras
Dès que les vents tourneront nous nous en allerons
Dès que le vent soufflera je repartiras
Dès que les vents tourneront nous nous en allerons
Dès que le vent soufflera je repartiras
Dès que les vents tourneront nous nous en allerons
Deuxième génération
J'm'appelle Slimane et j'ai quinze ans
J'vis chez mes vieux à La Courneuve
J'ai mon C.A.P. d'délinquant
J'suis pas un nul j'ai fait mes preuves
Dans la bande c'est moi qu'est l'plus grand
Sur l'bras j'ai tatoué une couleuvreJ'suis pas encore allé
en taule
Paraît qu'c'est à cause de mon âge
Paraît d'ailleurs qu'c'est pas Byzance
Que t'es un peu comme dans une cage
Parc'qu'ici tu crois qu'c'est drôle
Tu crois qu'la rue c'est des vacancesJ'ai rien à gagner,
rien à perdre
Même pas la vie
J'aime que la mort dans cette vie d'merde
J'aime c'qu'est cassé
J'aime c'qu'est détruit
J'aime surtout tout c'qui vous fait peur
La douleur et la nuit...J'ai mis une annonce dans Libé
Pour m'trouver une gonzesse sympa
Qui boss'rait pour m'payer ma bouffe
Vu qu'moi, l'boulot pour que j'y touche
Y m'faudrait deux fois plus de doigts
Comme quoi, tu vois, c'est pas gagnéC'que j'voudrais c'est
être au chôm'du
Palper du blé sans rien glander
Pi comme ça, j's'rais à la sécu
J'pourrais gratos me faire remplacer
Toutes les ratiches que j'ai perdues
Dans des bastons qu'ont mal tournéJ'ai rien à gagner,
rien à perdre
Même pas la vie
J'aime que la mort dans cette vie d'merde
J'aime c'qu'est cassé
J'aime c'qu'est détruit
J'aime surtout tout c'qui vous fait peur
La douleur et la nuit...J'ai même pas d'tunes pour m'payer
d'l'herbe
Alors, je m'défonce avec c'que j'peux
Le trichlo, la colle à rustine
C'est vrai qu'des fois ça fout la gerbe
Mais pour le prix, c'est c'qu'on fait d'mieux
Et pi, ça nettoie les narinesLe soir, on rôde sur
des parkings
On cherche une B.M. pas trop ruinée
On l'emprunte pour une heure ou deux
On largue la caisse à la Porte Dauphine
On va aux putes, juste pour mater
Pour s'en souv'nir l'soir dans not' pieu
J'ai rien à gagner, rien à perdre
Même pas la vie
J'aime que la mort dans cette vie d'merde
J'aime c'qu'est cassé
J'aime c'qu'est détruit
J'aime surtout tout c'qui vous fait peur
La douleur et la nuit...
Y'a un autr' truc qui m'branche aussi
C'est la musique avec des potes
On a fait un groupe de hard rock
On répète le soir dans une cave
Sur des amplis un peu pourris
Sur du matos un peu chourave
'n a même trouvé un vieux débile
Qui voulait nous faire faire un disque
Ça a foiré parc'que c'minable
Voulait pas qu'on chante en kabyle
On y a mis la tête contre une brique
Que même la brique, elle a eu mal
J'ai rien à gagner, rien à perdre
Même pas la vie
J'aime que la mort dans cette vie d'merde
J'aime c'qu'est cassé
J'aime c'qu'est détruit
J'aime surtout tout c'qui vous fait peur
La douleur et la nuit...
Des fois, j'me dis qu'à trois milles bornes
De ma cité, y'a un pays
Que j'connaîtrai sûr'ment jamais
Que p't'être c'est mieux, qu'p't'être c'est tant pis
Qu'là-bas aussi j's'rai étranger
Qu'là-bas non plus, je s'rai personne
Alors, pour m'sentir appartenir
A un peuple, à une patrie
J'porte autour d'mon cou sur mon cuir
Le keffieh noir et blanc et gris
J'me suis inventé des frangins
Des amis qui crèvent aussi
J'ai rien à gagner, rien à perdre
Même pas la vie
J'aime que la mort dans cette vie d'merde
J'aime c'qu'est cassé
J'aime c'qu'est détruit
J'aime surtout tout c'qui vous fait peur
La douleur et la nuit...
Pochtron !
Hier au Rendez-vous des amis
Hou là là je m' suis mis minable
Putain d' muflée que j' me suis pris
Lamentable
Des comme ça j'en prends qu'une par an
A la Bastille, l' dix mai au soir
Ou encore les jours d'enterrement
C' qu'est plus rare
J' me souviens même plus c' qu'on fêtait
Mais on a pas bu trop d' tisane
C' matin j'ai une casquette plombée
Sur le crâne
Pochtron, pochtron !
Tu ferais mieux d' m'écrire une chanson
Pochtron, pochtron !
C'est c' que m' dit ma femme qu'aime bien mes chansons
Des musettes comme ça ça vous laisse
Des souvenirs en forme de cicatrice
Des coups d' poignards dans votre jeunesse
C' que c'est triste
J' bois jamais trop mais j' bois assez
Quoique des fois j'en renverse un max
Dans l' caniveau devant l' troquet
J' laisse des traces
Le Picon-Bière c'est redoutable
Même les Belges ils s'y aventurent pas
ça vous fait glisser sous la table
Comme un rat
Pochtron, pochtron !
Fume un joint t'auras l'air moins con
Pochtron, pochtron !
C'est c' que m' dit ma mère qu'a toujours raison
Je gerbe pas toujours comme hier soir
C'est seulement quand j' fais des mélanges
Quand on me met d' l'eau dans mon Ricard
Par Exemple
Y'a Boris qui m'a raconté
C'te nuit j'ai failli foutre une danse
A quinze rugbymen en virée
Z'ont eu d' la chance
Si les potes m'avaient pas r'tenu
J' me les serai mangé un par un
J'aime pas les costauds quand j'ai bu
Ni à jeun
Pochtron, pochtron !
Un d' ces quatre tu vas prendre des gnons
Pochtron, pochtron !
C'est c' que m' disent mes potes en m' filant des marrons
J'ai rejoins ma turne au radar
En filant des coups d' pompes aux parcmètres
Et en insultant les trottoirs
Pour qu'y s'arrêtent
Chez moi j'ai réveillé tout le monde
En m' cognant l' pied nu contre un meuble
ça m'a fait mal jusque dans ma montre
Quelle horreur
Puis j'ai voulu r'peupler la France
Même que la France était pas d'ac'
Je m' suis endormi sans résistance
Comme un sac
Pochtron, pochtron !
Lève-toi c'est huit heures y m' faut mon biberon
Pochtron, pochtron !
C'est c' que m' dit ma gosse qu'a pas d'éducation
Pochtron, pochtron !
Tu ferais mieux d' m'écrire une chanson
Pochtron, pochtron !
C'est c' que m' dit ma femme qu'aime bien mes chansons
Pochtron, pochtron !
Un d' ces quatre tu vas prendre des gnons
Pochtron, pochtron !
C'est c' que m' disent mes potes en m' filant des marrons
Pochtron, pochtron !
Fume un joint t'auras l'air moins con
Pochtron, pochtron !
C'est c' que m' dit ma mère qu'a toujours raison
Morgane de toi
Y'a un mariole, il a au moins quatre ans,
Y veut t'piquer ta pelle et ton seau
Ta couche-culotte avec les bonbecs dedans
Lolita, défends-toi, fous-y un coup d'râteau dans
l'dos
Attends un peu avant d'te faire emmerder
Par ces p'tits machos qui pensent qu'à une chose
Jouer au docteur non conventionné
J'y ai joué aussi, je sais de quoi j'cause
J'les connais bien les play-boys des bacs à sable
J'draguais leur mère avant d'connaître la tienne
Si tu les écoutes, y t'feront porter leurs cartables
Heureusement qu'suis là, que j'te r'garde et que j'taime.
Refrain:
Lola, j'suis qu'un fantôme, quand tu vas où j'suis
pas
Tu sais ma môme, que j'suis morgane de toi
Comme j'en ai marre de m'faire tatouer des machins
Qui m'font comme une bande dessinée sur la peau
J'ai écrit ton nom avec des clous dorés un par un
Plantés dans le cuir de mon blouson dans l'dos.
T'es la seule gonzesse que j'peux t'nir dans mes bras
Sans m'démettre une épaule, sans plier sous ton
poids
Tu pèses moins lourd qu'un oiseau qui mange pas
Déploie jamais tes ailes, Lolita t'envole pas.
Avec tes miches de rat qu'on dirait des noisettes
Et ta peau plus sucrée qu'un pain au chocolat
Tu risques de donner faim à un tas de p'tits mecs
Quand t'iras à l'école, si jamais t'y vas.
Refrain
Qu'ess-tu m'racontes ? tu veux un p'tit frangin ?
Tu veux qu'j't'achète un ami Pierrot
Eh ! les bébés ça s'trouve pas dans les magasins,
Et j'crois pas que ta mère voudra qu'j'lui fasse un p'tit
dans l'dos.
Ben quoi Lola on n'est pas bien ensemble ?
Tu crois pas qu'on est déjà bien assez nombreux
?
T'entends pas c'bruit, c'est le monde qui tremble
Sous les cris des enfants qui sont malheureux.
Allez viens avec moi, j't'embarque dans ma galère
Dans mon arche, y'à d'la place pour tous les marmots
Avant qu'ce monde devienne un grand cimetière
Faut profiter un peu du vent qu'on a dans l'dos
Refrain
Doudou s'en fout
Y'a des doudous partout, c'est fou
Celle de ma chanson
Elle a les yeux vraiment doux
On dirait des cailloux, des perles
Aussi noirs que sa peau cachou
Elle travaille dans un magasin
Elle vend des maillots de bain
A des belles et à des boudins
A des moches et à des bien
A des vieilles qu'ont la peau qui craint
A des jeunes qu'en prennent bien soin
A des pucelles, à des putains
Et toute la journée
Y faut se les fader
Dans son petit magasin
Le soleil n'entre jamais mais c'est très bien
La doudou, elle s'en fout
Au mois d'août, elle met les bouts
La doudou dit bonjour toujours
Aux dames, aux demoiselles
Qui viennent acheter chez elle
Des bikinis pourris très chers
A fleur ou à rayures panthère
L'est polie avec les mémères
Qui mérit'raient des beignes
L'est gentille avec les belles-mères
Elle connaît pas la mienne
La doudou, s'est sans dire un mot
Qu'elle supporte les pauvres têtes
Les pouffiasses de la conso'
Qui croient comme des bêtes
Que la beauté s'achète
Dans son petit magasin
Le soleil n'entre jamais mais c'est très bien
La doudou, elle s'en fout
Au mois d'août, elle met les bouts
La doudou va larguer bientôt
Son tout petit boulot
De vendeuse de maillots
Dans un pays plus chaud, plus beau
Elle va aller brûler sa peau
Dans son île sous les cocotiers
Où elle est la plus belle
Le soleil, l'amour, le reggae
Vont bientôt s'occuper d'elle
De son corps bronzé tout entier
Sans la marque du maillot
La doudou n'en porte jamais
Elle dit: ce truc idiot
C'est bon pour les cageots
Dans son petit magasin
La doudou trouve qu'il est long le mois de juin
La doudou, elle s'en fout
Au mois d'août, elle met les bouts...
En Cloque
Elle a mis sur l' mur
Au dessus du berceau
Une photo d'Arthur
Rimbaud
Avec ses cheveux en brosse
Elle trouve qu'il est beau
Dans la chambre du gosse
Bravo
Déjà les p'tits anges
Sur le papier peint
J' trouvais ça étrange
J' dis rien
Elle me font marrer
Ses idées loufoques
Depuis qu'elle est
En cloque
Elle s' réveille la nuit
Veut bouffer des fraises
Elle a des envies
Balaises
Moi, j' suis aux p'tits soins
J' me défonces en huit
Pour qu'elle manque de rien
Ma p'tite
C'est comme si j' pissais
Dans un violoncelle
Comme si j'existais
Plus pour elle
Je m' retrouve planté
Tout seul dans mon froc
Depuis qu'elle est
En cloque
Le soir elle tricote
En buvant d' la verveine
Moi j' démêle ses pelotes
De laine
Elle use les miroirs
A s' regarder dedans
A s' trouver bizarre
Tout le temps
J' lui dit qu'elle est belle
Comme un fruit trop mûr
Elle croit qu' je m' fous d'elle
C'est sûr
Faut bien dire s' qu'y est
Moi aussi j' débloque
Depuis qu'elle est
En cloque
Faut qu' j' retire mes grolles
Quand j' rentre dans la chambre
Du p'tit rossignol
Qu'elle couve
C'est qu' son p'tit bonhomme
Qu'arrive en Décembre
Elle le protège comme
Une louve
Même le chat pépère
Elle en dit du mal
Sous prétexte qu'il perd
Ses poils
Elle veut plus l' voir traîner
Autour du paddock
Depuis qu'elle est
En cloque
Quand j' promène mes mains
D' l'autre côté d' son dos
J' sens comme des coups de poings
Ca bouge
J' lui dis "t'es un jardin"
"Une fleur, un ruisseau"
Alors elle devient
Toute rouge
Parfois c' qu'y m' désole
C' qu'y fait du chagrin
Quand j' regarde son ventre
Puis l' mien
C'est qu' même si j' devenais
Pédé comme un phoque
Moi j' serai jamais
En cloque
Ma chanson leur a pas plu...
J'avais écrit une chanson
Un vrai tube, un truc en or
Avec des paroles en béton
Un musique le genre Milord
C'était pas vraiment mon style
Je m' suis dit j' vais la placer
ça devrait pas être difficile
Y'a d' la demande dans ce métier yé-yé
J'ai rencontré Capdevielle
Au bar de l'apocalypse
J' lui ai dit écoute ma vieille
ça s'appelle le "Cataclypse"
ça raconte l'histoire d'un ange
Qu'est marchand de certitudes
Et qui poignarde dans l' ciel étrange
Le fantôme des solitudes
Il est pote avec Mary
La vestiaire du crépuscule
Où tous les gardiens d' la nuit
Viennent jouer les funambules
Voilà ma chanson mon pote
Si t'en veux pas, pas d' malaise
Je la remets dans ma culotte
Mais tu sais pas c' que tu perds
Ma chanson lui a pas plu
N'en parlons plus
J'ai écrit une autre chanson
Un truc encore plus super
Avec des paroles en béton
Avec une musique d'enfer
Mais elle correspondait pas trop
A mon image, mon créneau
Un peu comme si Dalida
Chantait Bebop a Lula lalala
J'ai rencontré Lavilliers
Un soir à Geoffroy Guichard
Dans l'enfer vert immaculé
J' lui ai raconté mon histoire
La chanson s' passe à New York
Y'a Jimmy qui s' fait flinguer
Par un black au coin d'un bloc
Par un flic très singulier
Il était pas vraiment mort
Il était blessé seulement
Jimmy, il est vachement fort
Il est dealer et on l' dit lent
Voilà ma chanson mon pote
Si t'en veux pas, pas d' problème
Je la remets dans ma culotte
Allez va dis-moi qu' tu l'aimes
Ma chanson lui a pas plu
N'en parlons plus
J' suis retourné à ma guitare
Et à mon dictionnaire de rimes
J'ai travaillé très très tard
J'ai fait une chanson sublime
J' l'ai chanté à deux trois potes
Y m'ont dit "C'est pas pour toi"
Sur que ta chanson nous botte
Mais un conseil : oublie-la lalala
'Lors j'ai rencontré Cabrel
Assis au bord de l'autoroute
J' lui ai dit ma chanson s'appelle
Sur le chemin de la route
Et c'est l'histoire d'une nonne
Amoureuse d'un caillou
Dans sa vie y'a plus personne
Que les marchands et les fous
Elle veut retrouver sa terre
Avec ses chèvres et ses brebis
Fuir le doute et la poussière
Et revoir sa Normandie
Voilà ma chanson mon pote
Si t'en veux pas, pas d' lézard
Je la remets dans ma culotte
Ou au pire dans ma guitare
Ma chanson lui a pas plu
N'en parlons plus
Alors je m' suis dit "Basta !"
J' fais plus qu' des chanson pour moi
J' m'en suis écrit une aussi sec
Qui raconte l'histoire d'un mec
Amoureux de sa mobylette
Mais leur amour est impossible
Elle aime une clé à molette
Qui est d'une jalousie terrible, horrible
A la fin le mec y meurt
En mangeant une canette de bière
La mobylette se suicide
En s' faisant couler une bielle
La clé à molette finit en taule
Elle qui s' croyait en acier
Et c'est sur cette fin pas drôle
Que s' termine ma chanson pas gaie
Pis si elle vous a pas plu
Vous savez ou j' me la mets
T't' façons elle sera pas foutue
Elle sera au chaud, bien logée
Parce que maintenant ma culotte
J' vais t' dire, c'est un vrai juke-box
Tu mets dix balles t'as quatre chansons
T'en as même une qu'a le son long
Déserteur
Monsieur le Président
Je vous fais une bafouille
Que vous lirez sûr'ment
Si vous avez des couilles
Je viens de recevoir
Un coup d'fil de mes vieux
Pour m'prév'nir qu'les gendarmes
S'étaient pointés chez eux
J'ose pas imaginer
C'que leur a dit mon père
Lui, les flics, les curés
Et pi les militaires
Les a vraiment dans l'nez
P't'être encore plus que moi
Dès qu'il peut en bouffer
L'vieil anar y s'gêne pas
L'vieil anar y s'gêne pas
Alors y paraît qu'on m'cherche
Qu'la France a besoin d'moi
C'est con, j'suis en Ardèche
Y fait beau, tu l'crois pas
J'suis là avec des potes
Des écolos marrants
On a une vieille bicoque
On la r'tape tranquillement
On fait pousser des chèvres
On fabrique des bijoux
On peut pas dire qu'on s'crève
L'travail, c'est pas pour nous
On a des plantations
Pas énorme, trois hectares
D'une herbe qui rend moins con
Non, c'est pas du Ricard
Non, c'est pas du Ricard
Monsieur le Président
Je suis un déserteur
De ton armée de glands
De ton troupeau d'branleurs
Y z'auront pas ma peau
Touch'ront pas à mes cheveux
J'saluerai pas le drapeau
J'march'rai pas comme les boeufs
J'irai pas en Allemagne
Faire le con pendant douze mois
Dans une caserne infâme
Avec des plus cons qu'moi
J'aime pas recevoir des ordres
J'aime pas me lever tôt
J'aime pas étrangler l'borgne
Plus souvent qu'il ne faut
Plus souvent qu'il ne faut
Pi surtout c'qui m'déplaît
C'est que j'aime pas la guerre
Et qui c'est qui la fait
Ben c'est les militaires
Y sont nuls, y sont moches
Et pi, ils sont teigneux
Maint'nant j'vais t'dire pourquoi
J'veux jamais être comme eux
Quand les Russes, les Ricains
F'ront péter la planete
Moi, j'aurai l'air malin
Avec ma bicyclette
Mon pantalon trop court
Mon fusil, mon calot
Ma ration d'topinambour
Et ma ligne Maginot
Et ma ligne Maginot
Alors, me gonfle pas
Ni moi, ni tous mes potes
Je s'rai jamais soldat
J'aime pas les bruits de bottes
T'as plus qu'à pas t'en faire
Et construire tranquilos
Tes centrales nucléaire
Tes sous-marins craignos
Mais va pas t'imaginer
Monsieur le Président
Que j'suis manipulé
Par les rouges ou les blancs
Je n'suis qu'un militant
Du parti des oiseaux
Des baleines, des enfants
De la terre et de l'eau
De la terre et de l'eau
Monsieur le Président
Pour finir ma bafouille
J'voulais t'dire simplement
Qu'ce soir, on fait des nouilles
A la ferme, c'est l'panard
Si tu veux, viens bouffer
On fumera un pétard
Et on pourra causer
On fumera un pétard
Et on pourra causer
Près des autos tamponneuses
J'ai connu la Pépette
Aux autos tamponneuses
Elle, elle avait la sept
Et moi j'avais la deuze
La sienne, elle était verte
Et la mienne était verte aussi
Elle était bonne la Pépette
Et c'était son métier
J'ui ai dit: Tu viens souvent
Aux autos tamponneuses ?
Elle m'a dit qu'elle venait souvent
Qu'ça la rendait joyeuse
M'a demandé: Mais pourquoi
Est-c'que tu m'demandes ça ?
J'lui ai dit mais pourquoi
Est-c'que tu m'demandes ça ?
On est allé boire une Gueuse
Près des autos tamponneuses
L'avait l'air beaucoup heureuse
Dans sa robe jaune
L'était pas vraiment bêcheuse
L'était pas du tout affreuse
Moi, j'avais les idées vicieuses
Sous mes ch'veux jaunes...
J'ai offert a Pépette
Un tour d'autos tamponneuses
Elle, elle a gardé la sept
Moi, j'ai repris la onze
Le patron d'l'auto-tampon
Qui était très gentil
Comme musique de fond
Il nous a mis Johnny
Pendant qu'mon idole chantait
« Les portes de pénis entier »
Les p'tites autos tournaient
Et tournaient et tournaient
Et moi, j'faisais exprès
De cogner dans Pépette
Même qu'un coup, sans faire exprès
Elle s'est foulé la tête
On est allé boire un Gueuse
Près des autos tamponneuses
L'avait l'air bien moins heureuse
Dans sa robe moche
L'avait l'air moins amoureuse
Elle m'a dit d'un air songeuse:
Faut qu'je rentre chez ma logeuse
Quelle catastroche...
J'ai quitté la Pépette
Près des autos tampons
J'ui ai demandé: Mais Pépette
Est-c'que c'est ton vrai nom ?
Elle m'a dit: C'que t'es bête
C'est mon surnom pauvre con
Mon vrai nom, c'est Zézette
Mais ça fait un peu long
On a mangé ensemble
Une glace au chocolat
Elle, elle a pris framboise
Et moi, j'ai rien mangé
J'voulais une glace à la viande
Oui, mais y'en avait plus
Ou alors viande hachée
Mais ça coule le long du cornet
On est allé boire une Gueuse
Près des autos tamponneuses
J'l'ai trouvée soudain hideuse
Sa robe trouée
J'ui ai dis: Tu sais, p'tite pisseuse
J'préfère les autos tamponneuses
Toi, t'es pas assez luxueuse
Mais dis-moi, quelle heure qu'il est ?
Quelle heure qu'il est?
Quelle heure qu'il est?
Quelle enc...
Loulou
Tu sais qu' t'as un peu la gueule à James Dean
Celle qu'il aurait eu s'il avait pas été beau
T'es bâti comme une armoire de cuisine
Le coeur dans l' tiroir, tout près du couteau
Lorsque j' vois s' pointer dans mon horizon
Ta carcasse immense de grand chien paumé
J' dis tiens v'la Loulou, la fleur du baston
V'la la bête humaine, v'la l'autre allumé
Je dis "Salut Georges", t'aimes pas tellement ça
Tu veux qu'on t'appelle de ton surnom d' voyou
Celui qu' t'as été quand t'étais moins gras
Un p'tit plus jeune, et moins con surtout
T'as pris des coups quand t'étais p'tit
T'en as donné aussi beaucoup
Maintenant tu prends surtout du bide
Tu prends des rides, Loulou
'Vec ton nez cassé, tu frimes tous les mecs
Tu dis qu' t'as été boxeur, ça en jette
Moi j' sais qu' ça t' vient d'un accident d' poussette
Je l' tiens d' ta p'tite soeur que j' suis pote avec
M'a tout raconté, ta frangine Ginette
Ta vie, ta jeunesse, les conneries qu' t'as fait
J' connais ton casier, il est pas vraiment net
Mais c'est quand même pas c'ui d'un député
T'étais une p'tite frappe, t'as roulé ta bosse
Arrête-toi Loulou, c'était y'a dix piges
Entre temps t'as eu ta femme et deux gosses
Allez bois une bière, et file-moi une tige
T'as pris des coups quand t'étais p'tit
T'en as donné aussi beaucoup
Maintenant tu prends surtout du bide
Tu prends des rides, Loulou
Aujourd'hui t'as plus ta gueule et elle est grande
Elle est plus aussi belle, mais ça tu t'en fous
Y'a encore des mômes qui t' croient chef de bande
Encore des gonzesses qu'aiment bien tes yeux d' fou
Tu les baratines avec tellement de bagou
Qu' j' te soupçonne de croire toi-même a tes conneries
Tu dis qu' t'as tout fait, qu' t'as été partout
Eh j' t'ai même pas vu, et j'y étais aussi
Mais dis-moi Loulou, t'as encore grossi
Ah non, c'est du muscle, excuse-moi, j'oubliais
Qu' tu t' body building avec ton pote Rocky
Pour garder la forme entre deux muflées
T'as pris des coups quand t'étais p'tit
T'en as donné aussi beaucoup
Maintenant tu prends surtout du bide
Tu prends des rides, Loulou
T'es l' roi d' la combine et des plans bidons
Allez raconte-moi ta prochaine embrouille
Est-ce-que t'as trouvé encore un pigeon
Un nouvelle galère pour t' remplir les fouilles
Tu cherches un bâton, rien que ça, t'as l' moral
Pour racheter un lot d' blue jeans délavés
Que t'espère fourguer aux Puces à cent balles
Sois sympa Loulou, met-m'en un d' côté
Bon j' vois qu' tu commences à être allumé
Si tu veux j'arrête de m' foutre de ta gueule
Tu sais j' suis pas mieux qu' toi avec mes trente balais
Toi et moi ensemble, on est quand même seuls
T'as pris des coups quand t'étais p'tit
Moi j'en ai pas donné beaucoup
Maintenant tu prends surtout du bide
J'en prend aussi, Loulou